Jeudi 25 février 2010
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La truite n’est pas un carnassier comme les autres, d’ailleurs, bon nombre de pêcheurs ne la considèrent pas comme telle ! Pour avoir passé beaucoup de temps au bord des rivières de ma région, je
peux vous assurer que c’est un carnassier vorace, et capable, contrairement à ce qui est traditionnellement pensé, de s’attaquer à de belles proies ! La pêche au leurre est pour moi LA technique
pour traquer les grosses truites. Son principal avantage est entre autres de pouvoir peigner une zone très étendue, mais nous y reviendrons plus tard…
Je pense qu’en décrivant ma vision de la pêche de ce fabuleux poisson, je vais faire bondir les puristes, qui ne jurent que par l’ultra léger ou par la pêche à la mouche. Je tiens donc à ajouter que je pratique également ces deux techniques, mais dans certaines conditions la méthode que je vais vous présenter est pour moi, beaucoup plus efficace !
J’ai eu beaucoup de résultats avec des leurres de 10cm, et nul doute qu’une grosse truite serait intéressée par encore plus gros. Une petite anecdote pour illustrer le sujet. Un jour, je pêchais dans une rivière assez large, avec justement un B’freeze 100sp, lorsque j’ai entendu des grosses éclaboussures, a seulement quelques mètres derrière moi. Je me retourne et je vois une belle truite, rendue folle par un chevesne qui avait réussi à se réfugier dans très peu d’eau, et qui ne bougeait plus, ce qui le cachait de la truite qui devenait folle ! Ce qui m’avait impressionné, c’était la taille du chevesne, une vingtaine de centimètres ! Bon, j’avoue qu’elle a fini par s’attaquer a mon « petit » leurre, mais nul doute que si il avait été deux fois plus gros l’issue aurait été identique et surtout c’est un poisson de 20cm qui l’a provoqué et mise en chasse, et je pense qu’avant cela, mon leurre de 10cm a été ignoré ! (puisque je venais de peigner cette zone auparavant). Pour votre information, cette truite mesurait 63 centimètres.
Les américains l’ont bien compris, et n’hésitent pas à sortir les swimbaits lorsqu’il s’agit de pêcher ce poisson !

Une autre différence, et non des moindres, c’est le biotope dans lequel elle vit. Bien souvent les rivières à truites subissent de grosses variations, d’un jour à un autre, en fonction des pluies, de la température, mais également des lâchers de barrage. Il va donc falloir s’adapter à ces conditions très changeantes !
Mais surtout ce qui la différencie vraiment, c’est sa vision, spécifique à cette espèce, qui va conditionner l’approche (la discrétion étant un élément essentiel quand à la réussite de notre pêche) mais aussi, qui va influencer la vitesse à laquelle notre leurre doit passer devant elle.
L’œil de la truite
Comme vous pouvez le voir sur cette image, la truite a une vision à 315°, la seule solution pour ne pas se faire voir, c’est d’arriver par derrière ou alors pouvoir l’atteindre de très loin! La truite se positionne la plupart du temps face au courant, on pourra donc adapter son approche pour ne pas se faire repérer.
Sur cette seconde image, on comprend bien que la truite a un diamètre de fenêtre de plus en plus large lorsque la hauteur augmente. Il faudra donc absolument éviter de s’approcher de ce poisson si l’on se trouve en surplomb par rapport à elle !
Avec ces deux informations, on comprend mieux comment approcher ce poisson si méfiant, mais la truite a encore une autres spécificité quant à sa vision : sa capacité à recevoir l’information.
La base temps de la truite est très différente de la notre. Les êtres humains ne peuvent percevoir que 18 perceptions par seconde, pas plus. Ainsi les films qui passent à la télé, qui sont en fait une succession d’image, nous apparaissent parfaitement fluide car notre téléviseur projette 24 images par seconde. Si ce chiffre baissait pour atteindre une valeur inférieur à 18 images par secondes, nous distinguerions plusieurs images fixes se suivant les unes derrière les autres. Le film nous apparaitrait alors dénué de toute fluidité, séquencé, l’action se déroulant au ralenti. Or des études très sérieuses ont récemment démontrées qu’une truite avait une base temps de 1/50ème par seconde ! Elles peuvent donc capter 50 images par secondes, plus du double par rapport à l’Homme !
Ainsi, sa perception du monde qui l’entoure est beaucoup plus efficace que la notre, par rapport à nous elle voit tout au ralenti, tout va deux fois moins vite ! C’est un gros avantage pour chasser dans les courants rapides avec l’efficacité qu’on lui connait. Voila pourquoi c’est un prédateur si précis, et pourquoi il ne faut pas avoir peur d’animer son leurre très rapidement !
Ainsi la truite avec sa vision et sa tenue particulière vont nécessiter une présentation du leurre précise. Il faut que celui passe dans son champ de vision à la bonne vitesse, ni trop vite, ni trop doucement. Il faudra aussi veiller à respecter certaines règles logiques, un alevin n’a pas les capacités de remonter le courant à toute allure, il faudra donc éviter une telle animation avec notre leurre.
Bien sur, ce sont des règles générales, qui dans certains contextes, pourront être oubliées, mais avant cela, il faut bien connaitre cette pêche.
Dans une configuration classique, voila comment je procède.
Pour commencer en grande rivière, les postes ne sont pas toujours aussi évidents qu’en petite rivière, aussi on va distinguer 4 grandes zones :
Le courant. Plus ou moins puissant, plus ou moins régulier, il sera souvent d’une profondeur intermédiaire. Ici entouré en rose.

Les zones de calmes, que les moucheurs appellent les lisses et que l’on pourra séparer en deux zones :
La partie la plus amont de cette lisse sera généralement la plus profonde, avec encore un peu de courant. Ici entouré en jaune.

La partie plus aval, appelé queue de lisse, sera souvent moins profonde et aussi plus calme. Ici entouré en blanc.

Et enfin, la zone la plus profonde, avec peu de courants : La fosse.
Ces 4 zones ne sont en faites pas à attaquer de la même façon. En effet les truites ont plusieurs postes en fonction de leur niveau d’activité. Ces postes seront situés dans des zones différentes, on peut donc estimer une situation du poisson, en fonction du niveau d’activité repéré ou imaginé.
En situation de repos, d’inactivité, les truites seront situées en début de lisse, dans les parties les plus profondes, sur le fond. Elles seront moins enclines à se déplacer pour engamer votre leurre, deux méthodes s’offrent alors a vous :
Jouez la carte de la grosse proie blessée, offrant un rapport calories/énergie dépensée très intéressant. Optez alors pour des coloris plutôt réalistes, de préférences en adéquation avec les proies de prédilections que la truite rencontre et chasse dans sa rivière, un coloris imitatif fario sera souvent efficace, lorsque l’on connait le cannibalisme et la territorialité des grosses truites. On choisira par exemple un petit swimbait, une taille de 10-14cm me semble être un bon compromis. L’animation devra être lente et ponctuée de pauses.
La seconde solution, c’est de l’énerver, de l’agacer, dans le but de déclencher une attaque reflexe. Il faudra donc utilisez un leurre bruyant de préférence et une animation très agressive. Le pointer 100sp de lucky craft avec sa grosse bille produisant un son bien grave sera tout indiqué. Au niveau de l’animation, lâchez-vous ! Gros jerks, récupération très rapide et très saccadé, il faut énerver le poisson !
Lorsque les poissons entrent en activité, ils vont plutôt se placer en fin de lisse. Lorsqu’elles se situent dans cette zone, elles ont le meilleur point de vue sur toute la lisse, et pourront donc efficacement repérer des insectes dérivants ou des poissons. Il faudra donc se montrer très discret pour attaquer un tel poste, car les truites sont à ce moment la très vigilante.
Le mieux c’est de repérer une chasse et d’observer la proie pourchassée, pour prendre un leurre qui va l’imiter au mieux, mais c’est assez rare de pouvoir profiter d’un tel spectacle. Aussi c’est votre expérience de la rivière qui va vous permettre de sélectionner un leurre, dont la taille le coloris sera proche des proies convoitées. Mais la encore, il faut savoir s’adapter. Lorsque les eaux sont claires, les coloris les plus réalistes seront les plus efficaces, mais si les eaux sont chargées, ce qui est souvent le cas en grande rivière, il ne faudra pas hésiter à mettre un coloris ressemblant vaguement au naturel, mais avec des tons plus vifs, plus visibles dans ces conditions difficiles. Pour ce rôle, une couleur que j’adore chez Lucky Craft, c’est brook trout.
Le courant. Pour moi c’est la partie la moins intéressante. En effet, une grosse truite est âgée, comme tous les poissons âgés elles n’aiment pas les efforts inutiles ! Ainsi c’est assez rare de prendre une grosse truite en plein courant. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas les pêcher, car comme toujours a la pêche on peut avoir de belles surprises, et aussi parce que vous trouverez ici les truites plus jeunes, qui se réfugieront ici pour échappez aux grosses mémères. Celles-ci seront plus actives et resteront des adversaires de taille car le combat se déroulera en plein courant.
Dans ces zones, je proscris personnellement tous les leurres bruiteurs. Secoués comme ils le seront dans le courant, le bruit des hameçons qui s’entrechoquent sur le corps du leurre sera bien suffisant ! Un leurre bruiteur se transformerais dans ces conditions en un véritable épouvantail à poisson tant le bruit produit serait important. Je sélectionne aussi des leurres moins gros, 6-7cm me semble ici un bon compromis.
Et enfin, les fosses.
Généralement, elles sont formées par des obstacles, ou des contres courant. Un exemple typique : la pile de pont. C’est une zone souvent très calme, on y trouvera donc plutôt des poissons au repos. J’aborde ces zones un peu de la même façon que les débuts de lisses, avec deux stratégies : l’agressivité ou le réalisme d’une proie facile. Par contre il va falloir s’adapter à la profondeur ! Ainsi, pour stimuler l’agressivité du poisson, j’utiliserais des poissons nageurs plongeurs, qui remuent beaucoup d’eau, tels que des crankbaits ( tous les CB, Cranky M, Diving Chubby,...) ou des longbills minnow (Staysee, Trophy Minnow, B'Freeze DD, DD Squirrel,...), voire même des lipless (LV500Max, Rattlin Rap,...).
Pour une approche réaliste, j’utilise de préférence les leurres souples comme le Turbo Shad ( "secret pattern" : ne pas oublier les écrevisses! ) . Beaucoup de pêcheurs les oublient pour la truite, à tort !

Enfin, le dernier point technique que je voulais aborder concerne la dérive de votre leurre. Peu importe le leurre utilisé, le courant entrainera votre leurre, modifiant sa nage et sa trajectoire. Quand on débute, ce courant nous gène, nous perturbe, mais si on sait s’en servir il devient un atout !
Si l’on repère par exemple la présence d’une truite (la tache marron) et que nous sommes dans la zone noire, comment lui présenter correctement son leurre ? La truite de par sa méfiance, sera effrayée si l’on pose son leurre dans le cercle marron, qui correspond à la zone de visibilité. Les chances de réussites seraient alors très faibles.

Une autre solution serait de lancer derrière elle, dans la zone rouge. La encore c’est problématique pour deux raisons :

D’une part on va « couvrir » la truite, notre fil va se poser et se déplacer au dessus de sa tête avant que celle-ci ne puisse apercevoir le leurre. Ca peut la perturber et l’effrayer.
D’autre part le leurre, a la récupération, aura une trajectoire droite passant juste a coté de la truite. Ca n’est pas très naturel, un poisson qui remonte le courant en se jetant dans la gueule du loup…De grandes chances d’échecs.
La meilleure solution est de se servir du courant. Un lancer en amont par rapport à elle, dans le courant hors de sa portée, dans le cercle orange. Une animation minimaliste faite de très légers twitchs pour imiter un poisson qui est en difficulté dans le courant sera parfait. Le leurre se rapproche de notre cible, imitant un poisson qui cherche une zone de repos après avoir été malmené dans le courant.

Une fois que l’on entre dans la zone de vision de la truite, ni trop près d’elle, ni trop loin, on attaquera une animation un peu plus agressive de façon à imiter un poisson qui a repéré la truite et qui fuit.
Le leurre a ainsi une trajectoire en direction de la truite dans la première partie, puis à l’entame de l’animation le leurre devient fuyant. De plus, a aucun moment la ligne ne sera entre la truite et le leurre, c’est bien le leurre qu’elle apercevra en premier ce qui évitera de l’alerter.
J’ai pris là l’exemple d’un poisson posté en bordure car c’était plus simple pour expliquer cette méthode, mais elle pourra bien évidemment être utilisée pour tout type de conditions, que ce soit pour pêcher un poste précis et visible, mais aussi pour peigner une grande surface.
Ce sont toutes ces informations qui vont me guider déjà dans mon approche mais aussi pour m’aider dans le choix de mes leurres. Pour cette pêche, il vous faudra donc :
• Un leurre disponible en de nombreux coloris pour s’adapter aux grosses variations de conditions que l’on rencontre en rivière.
• Disponibles en plusieurs tailles, pour encore une fois s’adapter aux conditions
• Des leurres discrets dans certaines conditions, bruiteurs dans d’autres.
• Un leurre qui se lance bien pour pouvoir approcher les poissons de loin, sans se faire remarquer.
• Un leurre qui pourra se maintenir dans des courants puissants, tout en conservant sa nage.
• Un leurre qui pourra supporter à la fois des animations lentes que des animations très rapides, très saccadées.
• Des leurres qui s’adaptent à la profondeur des postes. Par Alex P.
Je pense qu’en décrivant ma vision de la pêche de ce fabuleux poisson, je vais faire bondir les puristes, qui ne jurent que par l’ultra léger ou par la pêche à la mouche. Je tiens donc à ajouter que je pratique également ces deux techniques, mais dans certaines conditions la méthode que je vais vous présenter est pour moi, beaucoup plus efficace !
J’ai eu beaucoup de résultats avec des leurres de 10cm, et nul doute qu’une grosse truite serait intéressée par encore plus gros. Une petite anecdote pour illustrer le sujet. Un jour, je pêchais dans une rivière assez large, avec justement un B’freeze 100sp, lorsque j’ai entendu des grosses éclaboussures, a seulement quelques mètres derrière moi. Je me retourne et je vois une belle truite, rendue folle par un chevesne qui avait réussi à se réfugier dans très peu d’eau, et qui ne bougeait plus, ce qui le cachait de la truite qui devenait folle ! Ce qui m’avait impressionné, c’était la taille du chevesne, une vingtaine de centimètres ! Bon, j’avoue qu’elle a fini par s’attaquer a mon « petit » leurre, mais nul doute que si il avait été deux fois plus gros l’issue aurait été identique et surtout c’est un poisson de 20cm qui l’a provoqué et mise en chasse, et je pense qu’avant cela, mon leurre de 10cm a été ignoré ! (puisque je venais de peigner cette zone auparavant). Pour votre information, cette truite mesurait 63 centimètres.
Les américains l’ont bien compris, et n’hésitent pas à sortir les swimbaits lorsqu’il s’agit de pêcher ce poisson !

Une autre différence, et non des moindres, c’est le biotope dans lequel elle vit. Bien souvent les rivières à truites subissent de grosses variations, d’un jour à un autre, en fonction des pluies, de la température, mais également des lâchers de barrage. Il va donc falloir s’adapter à ces conditions très changeantes !
Mais surtout ce qui la différencie vraiment, c’est sa vision, spécifique à cette espèce, qui va conditionner l’approche (la discrétion étant un élément essentiel quand à la réussite de notre pêche) mais aussi, qui va influencer la vitesse à laquelle notre leurre doit passer devant elle.
L’œil de la truite
Comme vous pouvez le voir sur cette image, la truite a une vision à 315°, la seule solution pour ne pas se faire voir, c’est d’arriver par derrière ou alors pouvoir l’atteindre de très loin! La truite se positionne la plupart du temps face au courant, on pourra donc adapter son approche pour ne pas se faire repérer.
Sur cette seconde image, on comprend bien que la truite a un diamètre de fenêtre de plus en plus large lorsque la hauteur augmente. Il faudra donc absolument éviter de s’approcher de ce poisson si l’on se trouve en surplomb par rapport à elle !
Avec ces deux informations, on comprend mieux comment approcher ce poisson si méfiant, mais la truite a encore une autres spécificité quant à sa vision : sa capacité à recevoir l’information.
La base temps de la truite est très différente de la notre. Les êtres humains ne peuvent percevoir que 18 perceptions par seconde, pas plus. Ainsi les films qui passent à la télé, qui sont en fait une succession d’image, nous apparaissent parfaitement fluide car notre téléviseur projette 24 images par seconde. Si ce chiffre baissait pour atteindre une valeur inférieur à 18 images par secondes, nous distinguerions plusieurs images fixes se suivant les unes derrière les autres. Le film nous apparaitrait alors dénué de toute fluidité, séquencé, l’action se déroulant au ralenti. Or des études très sérieuses ont récemment démontrées qu’une truite avait une base temps de 1/50ème par seconde ! Elles peuvent donc capter 50 images par secondes, plus du double par rapport à l’Homme !
Ainsi, sa perception du monde qui l’entoure est beaucoup plus efficace que la notre, par rapport à nous elle voit tout au ralenti, tout va deux fois moins vite ! C’est un gros avantage pour chasser dans les courants rapides avec l’efficacité qu’on lui connait. Voila pourquoi c’est un prédateur si précis, et pourquoi il ne faut pas avoir peur d’animer son leurre très rapidement !
Ainsi la truite avec sa vision et sa tenue particulière vont nécessiter une présentation du leurre précise. Il faut que celui passe dans son champ de vision à la bonne vitesse, ni trop vite, ni trop doucement. Il faudra aussi veiller à respecter certaines règles logiques, un alevin n’a pas les capacités de remonter le courant à toute allure, il faudra donc éviter une telle animation avec notre leurre.
Bien sur, ce sont des règles générales, qui dans certains contextes, pourront être oubliées, mais avant cela, il faut bien connaitre cette pêche.
Dans une configuration classique, voila comment je procède.
Pour commencer en grande rivière, les postes ne sont pas toujours aussi évidents qu’en petite rivière, aussi on va distinguer 4 grandes zones :
Le courant. Plus ou moins puissant, plus ou moins régulier, il sera souvent d’une profondeur intermédiaire. Ici entouré en rose.

Les zones de calmes, que les moucheurs appellent les lisses et que l’on pourra séparer en deux zones :
La partie la plus amont de cette lisse sera généralement la plus profonde, avec encore un peu de courant. Ici entouré en jaune.

La partie plus aval, appelé queue de lisse, sera souvent moins profonde et aussi plus calme. Ici entouré en blanc.

Et enfin, la zone la plus profonde, avec peu de courants : La fosse.
Ces 4 zones ne sont en faites pas à attaquer de la même façon. En effet les truites ont plusieurs postes en fonction de leur niveau d’activité. Ces postes seront situés dans des zones différentes, on peut donc estimer une situation du poisson, en fonction du niveau d’activité repéré ou imaginé.
En situation de repos, d’inactivité, les truites seront situées en début de lisse, dans les parties les plus profondes, sur le fond. Elles seront moins enclines à se déplacer pour engamer votre leurre, deux méthodes s’offrent alors a vous :
Jouez la carte de la grosse proie blessée, offrant un rapport calories/énergie dépensée très intéressant. Optez alors pour des coloris plutôt réalistes, de préférences en adéquation avec les proies de prédilections que la truite rencontre et chasse dans sa rivière, un coloris imitatif fario sera souvent efficace, lorsque l’on connait le cannibalisme et la territorialité des grosses truites. On choisira par exemple un petit swimbait, une taille de 10-14cm me semble être un bon compromis. L’animation devra être lente et ponctuée de pauses.
La seconde solution, c’est de l’énerver, de l’agacer, dans le but de déclencher une attaque reflexe. Il faudra donc utilisez un leurre bruyant de préférence et une animation très agressive. Le pointer 100sp de lucky craft avec sa grosse bille produisant un son bien grave sera tout indiqué. Au niveau de l’animation, lâchez-vous ! Gros jerks, récupération très rapide et très saccadé, il faut énerver le poisson !
Lorsque les poissons entrent en activité, ils vont plutôt se placer en fin de lisse. Lorsqu’elles se situent dans cette zone, elles ont le meilleur point de vue sur toute la lisse, et pourront donc efficacement repérer des insectes dérivants ou des poissons. Il faudra donc se montrer très discret pour attaquer un tel poste, car les truites sont à ce moment la très vigilante.
Le mieux c’est de repérer une chasse et d’observer la proie pourchassée, pour prendre un leurre qui va l’imiter au mieux, mais c’est assez rare de pouvoir profiter d’un tel spectacle. Aussi c’est votre expérience de la rivière qui va vous permettre de sélectionner un leurre, dont la taille le coloris sera proche des proies convoitées. Mais la encore, il faut savoir s’adapter. Lorsque les eaux sont claires, les coloris les plus réalistes seront les plus efficaces, mais si les eaux sont chargées, ce qui est souvent le cas en grande rivière, il ne faudra pas hésiter à mettre un coloris ressemblant vaguement au naturel, mais avec des tons plus vifs, plus visibles dans ces conditions difficiles. Pour ce rôle, une couleur que j’adore chez Lucky Craft, c’est brook trout.
Le courant. Pour moi c’est la partie la moins intéressante. En effet, une grosse truite est âgée, comme tous les poissons âgés elles n’aiment pas les efforts inutiles ! Ainsi c’est assez rare de prendre une grosse truite en plein courant. Ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas les pêcher, car comme toujours a la pêche on peut avoir de belles surprises, et aussi parce que vous trouverez ici les truites plus jeunes, qui se réfugieront ici pour échappez aux grosses mémères. Celles-ci seront plus actives et resteront des adversaires de taille car le combat se déroulera en plein courant.
Dans ces zones, je proscris personnellement tous les leurres bruiteurs. Secoués comme ils le seront dans le courant, le bruit des hameçons qui s’entrechoquent sur le corps du leurre sera bien suffisant ! Un leurre bruiteur se transformerais dans ces conditions en un véritable épouvantail à poisson tant le bruit produit serait important. Je sélectionne aussi des leurres moins gros, 6-7cm me semble ici un bon compromis.
Et enfin, les fosses.
Généralement, elles sont formées par des obstacles, ou des contres courant. Un exemple typique : la pile de pont. C’est une zone souvent très calme, on y trouvera donc plutôt des poissons au repos. J’aborde ces zones un peu de la même façon que les débuts de lisses, avec deux stratégies : l’agressivité ou le réalisme d’une proie facile. Par contre il va falloir s’adapter à la profondeur ! Ainsi, pour stimuler l’agressivité du poisson, j’utiliserais des poissons nageurs plongeurs, qui remuent beaucoup d’eau, tels que des crankbaits ( tous les CB, Cranky M, Diving Chubby,...) ou des longbills minnow (Staysee, Trophy Minnow, B'Freeze DD, DD Squirrel,...), voire même des lipless (LV500Max, Rattlin Rap,...).
Pour une approche réaliste, j’utilise de préférence les leurres souples comme le Turbo Shad ( "secret pattern" : ne pas oublier les écrevisses! ) . Beaucoup de pêcheurs les oublient pour la truite, à tort !
Enfin, le dernier point technique que je voulais aborder concerne la dérive de votre leurre. Peu importe le leurre utilisé, le courant entrainera votre leurre, modifiant sa nage et sa trajectoire. Quand on débute, ce courant nous gène, nous perturbe, mais si on sait s’en servir il devient un atout !
Si l’on repère par exemple la présence d’une truite (la tache marron) et que nous sommes dans la zone noire, comment lui présenter correctement son leurre ? La truite de par sa méfiance, sera effrayée si l’on pose son leurre dans le cercle marron, qui correspond à la zone de visibilité. Les chances de réussites seraient alors très faibles.

Une autre solution serait de lancer derrière elle, dans la zone rouge. La encore c’est problématique pour deux raisons :

D’une part on va « couvrir » la truite, notre fil va se poser et se déplacer au dessus de sa tête avant que celle-ci ne puisse apercevoir le leurre. Ca peut la perturber et l’effrayer.
D’autre part le leurre, a la récupération, aura une trajectoire droite passant juste a coté de la truite. Ca n’est pas très naturel, un poisson qui remonte le courant en se jetant dans la gueule du loup…De grandes chances d’échecs.
La meilleure solution est de se servir du courant. Un lancer en amont par rapport à elle, dans le courant hors de sa portée, dans le cercle orange. Une animation minimaliste faite de très légers twitchs pour imiter un poisson qui est en difficulté dans le courant sera parfait. Le leurre se rapproche de notre cible, imitant un poisson qui cherche une zone de repos après avoir été malmené dans le courant.

Une fois que l’on entre dans la zone de vision de la truite, ni trop près d’elle, ni trop loin, on attaquera une animation un peu plus agressive de façon à imiter un poisson qui a repéré la truite et qui fuit.
Le leurre a ainsi une trajectoire en direction de la truite dans la première partie, puis à l’entame de l’animation le leurre devient fuyant. De plus, a aucun moment la ligne ne sera entre la truite et le leurre, c’est bien le leurre qu’elle apercevra en premier ce qui évitera de l’alerter.
J’ai pris là l’exemple d’un poisson posté en bordure car c’était plus simple pour expliquer cette méthode, mais elle pourra bien évidemment être utilisée pour tout type de conditions, que ce soit pour pêcher un poste précis et visible, mais aussi pour peigner une grande surface.
Ce sont toutes ces informations qui vont me guider déjà dans mon approche mais aussi pour m’aider dans le choix de mes leurres. Pour cette pêche, il vous faudra donc :
• Un leurre disponible en de nombreux coloris pour s’adapter aux grosses variations de conditions que l’on rencontre en rivière.
• Disponibles en plusieurs tailles, pour encore une fois s’adapter aux conditions
• Des leurres discrets dans certaines conditions, bruiteurs dans d’autres.
• Un leurre qui se lance bien pour pouvoir approcher les poissons de loin, sans se faire remarquer.
• Un leurre qui pourra se maintenir dans des courants puissants, tout en conservant sa nage.
• Un leurre qui pourra supporter à la fois des animations lentes que des animations très rapides, très saccadées.
• Des leurres qui s’adaptent à la profondeur des postes. Par Alex P.
Par Flanagan
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